Invité par l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM) dans le cadre du cycle de conférences "Repenser l’Atlantique", M. Vital Kamerhe, l’ex-président de l’Assemblée nationale de la R.D. Congo, a livré mercredi le 17 février 2010 un magistral exposé sur "Le fondement de la politique transatlantique de la RDC".
Se voulant éveilleur de conscience, il a tablé sur le potentiel géostratégique de la RDC dont les ressources naturelles se comparent à celles du Brésil. Une position que doivent intelligemment exploiter l'élite et les politiques congolais dans un monde appelé à faire face à des défis de taille dans divers domaines.
À l’auditoire majoritairement composé des Congolais dont certains se sont amusés à jouer aux perturbateurs, l’honorable Kamerhe a calmement souligné l’importance de mettre de côté la partisannerie politique et de privilégier le Congo quand l’intérêt national le commande.
Et ce rendez-vous du changement et du développement, les Congolais ne peuvent se permettre de le louper à l’heure où on voit les pays émergents comme le Brésil, la Chine et l’Inde imposer l’établissement de nouveaux rapports gagnants-gagnants avec les investisseurs étrangers friands de nouvelles ressources.
Dans l’interview qu’il a accordée en deuxième partie à M. Bernard Derome, journaliste chevronné de Radio-Canada, le député Kamerhe a refusé de se voiler la face en reconnaissant candidement que les politiques ont "donné au peuple un spectacle déshonorant".
C’est en fin politicien et habile patineur que le professeur Kamerhe avoue le bilan mitigé d’après élections 2006 qui n’ont fait qu’empirer la situation d’un peuple qui espérait tant de l’avènement de la démocratie.
Comme on pouvait s'y attendre, un groupuscule de Congolais l’attendait de pied ferme, lui reprochant d’être le collabo des régimes du Rwanda et du Burundi. Pas de quoi s’énerver le poil de jambes pour ce stratège aux propos bien articulés habitué à la sensiblerie de la diaspora congolaise sur la "congolité" de ceux qui dirigent le pays.
Hormis le débordement de ceux qui se targuent d’être des combattants libérateurs virtuels de la RDC -qu’ils ne sont pourtant pas prêts à regagner-, la conférence de ce mercredi a été couronnée de succès. N'en déplaise à ceux qui avaient d’autres desseins!