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Editorial

Echec de la recherche ! - 10/02/2011 par R.R Sassa;Sales Strategist

Les universités congolaises font face à une nouvelle réalité mondiale où la recherche n’est plus une activité isolée et se centre non plus sur des chercheurs individuels, mais sur des équipes et des réseaux globaux de recherche. La résolution des problèmes scientifiques a tendance à déborder les structures des disciplines traditionnelles: la recherche la plus avancée se situe de plus en plus à l’interface entre les disciplines académiques ou dans des contextes multidisciplinaires. Le milieu de la recherche universitaire congolaise est de plus en plus inexistant et n’exige plus d’interaction entre acteurs concernés.


Dans cet environnement chaotique, beaucoup d’universités congolaises continuent de sous estimer les avantages qui peuvent résulter du partage de la connaissance avec le monde économique et la société, pendant que de leur côté les entreprises de la place ne se soucient pas de développer une capacité d’absorption suffisante pour exploiter le potentiel de la recherche universitaire. De ce fait, la nécessaire fertilisation croisée avec le monde des affaires et avec la société en général reste problématique. Ce manque de perméabilité avec l’entreprise se ressent dans les choix de carrière des titulaires de doctorats, qui ont tendance à faire toute leur carrière à l’université et non comme entrepreneurs.Ces problèmes structurels et culturels sont exacerbés par l’immense déficit de financementqui affecte les universités à la fois dans leurs activités de formation et de recherche. Si on assiste à une croissance bienvenue des effectifs étudiants, celle-ci n’est pas accompagnéepar une hausse corrélative des financements publics et, en RDC, les universités n’ont pas la possibilité de compenser ce déficit par un recours à davantage de fonds privés. L’enseignement supérieur et la recherche de qualité coûtent de plus en plus cher, il est probable qu’à l’avenir la plus grande part des ressources nécessaires pour mettre fin au sous financement des universités devra provenir de sources non publiques.La RDC a besoin d’universités capables de développer leurs propres points forts et de différentier leurs activités. Si toutes les universités peuvent partager quelques valeurs et missions communes, elles n’ont pas tous besoins d’avoir le même équilibre entre enseignement et recherche, la même approche de la recherche et de la formation à la recherche, ou le même portefeuille de disciplines et de services universitaires.La recherche devrait rester une mission fondamentale dans chaque système, mais pasnécessairement de tous les établissements qui le composent. Ceci permettrait de voir émergerun système articulé comprenant des universités de réputation mondiale orientées vers larecherche, des réseaux d’excellentes universités nationales et régionales et des établissementsdélivrant des formations supérieures techniques plus courtes. Un tel système est possible et permettrait de mobiliser le considérable réservoir de connaissance, de talent et d’énergie qui existe dans nos universités.