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Editorial

Cinquantenaire et éducation : l’échec ? - 27/05/2010 par R.R Sassa,Sales Strategist

La République Démocratique du Congo (RDC) est un vaste pays (2 345 000 Km2) doté d’énormes potentialités naturelles (importants cours d’eau, sols très fertiles, gisements miniers considérables, forêts immenses, etc.).
Le taux de croissance de la population est de 3,2 %, classé parmi les plus rapides au monde. A ce rythme, la population de la RDC pourra atteindre 100 millions en 2025.


Les troubles sociopolitiques qu’a connus le pays ces dernières années, n’ont pas permis de mobiliser les ressources nécessaires à la réalisation des objectifs de développement. On relève un paradoxe entre les potentialités économiques dont regorgent le pays et l’état de pauvreté de sa population qui figure parmi les plus pauvres du monde. La pauvreté en RDC est un phénomène de masse et non de minorité.

Le Gouvernement s’attèle à la reconstruction du pays. Les options fondamentales du gouvernement pour un développement durable reposent sur une stratégie dénommée « économie de marché à caractère social » qui vise « à réduire durablement la pauvreté en stimulant la croissance de l’économie, en améliorant les services d’infrastructure et les services sociaux, et en recourant à des interventions ciblées pour améliorer le sort des plus démunis :ces actions sont couronnées par des détournements de fonds, la corruption est l’enrichissement illicite de certains hommes politiques au détriment de la population qui ne fait que subir.

Le gouvernement n’affiche pas clairement sa volonté de valoriser les ressources humaines. Dans les pays développés, les « ressources humaines constituent la vraie richesse et le moteur de développement dont dépend la mise en valeur des autres ressources.
La formation des enseignants n’est pas assurée dans 27 Instituts Supérieurs Pédagogiques, 2 Instituts Supérieurs Pédagogiques Techniques publics, 3 Universités avec des effectifs d’étudiants assez insignifiants.
Les structures modernes de formation des enseignants n’existent plus physiquement.

La nouvelle technologie de l’information n’est pas mise en place dans les institutions de formation pour les adapter aux impératifs du troisième millénaire.

La descente aux enfers des conditions de travail des enseignants congolais.

Le fonctionnement des établissements de formation des Enseignants repose essentiellement sur la contribution des bénéficiaires c’est-à-dire les étudiants et leurs parents. L’apport de l’Etat est insignifiant. La coopération des partenaires au développement est inexistante depuis plus d’une décennie.

Les établissements de formation des enseignants n’ont pas des spécificités et fonctionnent de manière désordonnée. Il n’y a pas de chevauchement dans les actions menées ; L’orientation politique dans ce domaine n’est pas claire.

Les méthodes pédagogiques demeurent traditionnelles. L’utilisation de la nouvelle technologie de l’information bien que vivement souhaitée n’existe pas faute de moyens.

Les conditions de travail des enseignants sont très difficiles : salaires insignifiants et irréguliers, absence d’avantages sociaux tels que le logement, le transport, les soins de santé, les congés sabbatiques, de participer à des conférences et autres colloques internationaux sur l’éducation.

La volonté de valoriser les ressources humaines, seules vraies richesses du pays, est clairement exprimée dans les discours politiques mais les orientations politiques sont autres et imprécises dans ce domaine.

Ce qui doit être fait en matière d’éducation à la place d’une fête nationale improductive des 50 ans d’indépendance de la RDC :

Assurer sur place la formation des formateurs au niveau du troisième cycle à l’Institut Pédagogique National et à la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education de
l’Université de Kinshasa ;

Eriger l’Institut Pédagogique National en une Grande Ecole Pédagogique pour former les formateurs des Instituts Supérieurs Pédagogiques orientés vers la pédagogie appliquée.

Doter l’Institut Supérieur Pédagogique Technique de Kinshasa des moyens conséquents pour en faire un Centre d’Excellence dans le domaine de la formation des enseignants du secondaire Technique.

Diversifier les options dans les Instituts Supérieurs Pédagogiques pour répondre à la demande de l’enseignement secondaire.

Doter les institutions des matériels didactiques adoptés à leurs spécificités pour atteindre le niveau normal de performance requis.

Acquisition des ouvrages scientifiques, des périodiques, journaux, CD-ROM et tous les équipements de gestion moderne des bibliothèques.

Equiper les salles de cours, amphithéâtres et les centres de documentation et de production des manuels.

Doter chacune des institutions d’un parc informatique avec des unités en nombre suffisant et des logiciels spécialisés pour l’enseignement technique.

Connecter chaque parc informatique au réseau Internet.

Equiper les laboratoires spécialisés dans chaque institution.
Faciliter la diffusion des résultats de la recherche à travers les revues scientifiques et leurs communications dans les colloques scientifiques internationaux.

Construire de nouvelles salles de cours, laboratoires et autres installations sportives pour répondre aux besoins toujours croissants ; Réhabiliter les infrastructures existantes.

Viva lipanda ?